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DES ALLIANCES ET COLLABORATIONS RENTABLES

Un article rédigé par Réjean Dancause pour le Groupement des chefs d’entreprises du Québec.

 

DES ALLIANCES ET COLLABORATIONS RENTABLES

 Réjean Dancause[1] Adm. A., F.CMC, ASC

La somme des connaissances et des savoirs nécessaires pour développer et mener à bien une entreprise, quelle que soit sa taille ou sa nature, est bien trop grande pour qu’un seul individu puisse prétendre les maîtriser toutes et prendre les meilleures décisions possible en toutes circonstances.

Que ce soit pour conquérir un nouveau marché à l’exportation, pour développer un nouveau produit, implanter de nouvelles approches de gestion dans l’entreprise créer des alliances est désormais indispensable. Il est encore plus impératif d’adopter ce mode si l’un de vos principaux concurrents, celui que vous devez battre sur les marchés dans lesquels vous êtes actifs, a déjà des alliances avec certains de ses concurrents pour pénétrer un marché à l’exportation qui demande des ressources et des connaissances importantes, des alliances avec un centre de recherche qui lui apporte les connaissances les plus pointues du moment dans un domaine scientifique en particulier, une alliance avec un spécialiste en gestion d’entreprise, en l’occurrence, un consultant, qui possède une grande expérience dans plusieurs organisations pour choisir et mettre en place les systèmes les plus appropriés en fonction des objectifs de croissance de l’organisation.

Lorsqu’il est question de former une coentreprise, de partager la propriété d’actifs qui demandent des investissements élevés, de mettre en commun les résultats de recherches, généralement, dans les cas qui sont portés à notre attention, nous constatons de fortes réticences à établir de telles collaborations. La peur de se faire avoir, de ne pas avoir le contrôle, de partager les résultats ou des informations sensibles sont les raisons les plus souvent invoquées. Pouquoi en est-il ainsi? Il est certain que les mauvaises expériences vécues par le passé y sont pour quelque chose. « Je me suis fait avoir une fois dans des circonstances similaires, je ne vais pas répéter l’expérience », nous dit-on à peu près dans ces termes.

Savoir choisir des alliés, savoir choisir les projets qui feront l’objet d’alliances est au cœur de la problématique. Certains contextes toutefois sont plus favorables que d’autres. En effet, le Groupement des chefs d’entreprise du Québec est certes le « contexte favorable » par excellence. Les chefs d’entreprise qui y sont membres partagent grosso modo les mêmes valeurs, ont adopté les bonnes pratiques développées et proposées par le Groupement et ses partenaires, ils devraient donc posséder les qualités nécessaires et essentielles au développement d’alliances et de collaboration dont le but serait de permettre d’accélérer la croissance et le développement de leurs entreprises.

La confiance, l’ingrédient essentiel et indispensable pour faire un succès d’un projet d’alliance, est l’une des valeurs fondamentales du Groupement. Étant donné cet élément, nous devrions donc observer la formation d’un plus grand nombre d’alliances stratégiques au sein des membres du Groupement qu’autrement. Nos observations à titre de partenaire et à titre de spécialistes en stratégies d’entreprises appelées à intervenir en planification stratégique dans de nombreuses entreprises ne nous permettent pas de dire que cette incidence soit plus élevée au sein du Groupement. Pourquoi donc en est-il ainsi? Nous n’en avons pas la réponse, nous pouvons seulement nous limiter à quelques hypothèses sur lesquelles il faudrait continuer de réfléchir.

Notre première hypothèse : les cas d’échecs sont plus connus que les cas de succès, ce qui freine les ardeurs de ceux qui auraient pu avoir des projets d’alliances. La seconde : les chefs d’entreprise sont minés par le doute, la peur que « ça pourrait ne pas marcher ». Le doute est une contamination sournoise qui mine la confiance en soi, ingrédient fondamental pour réussir en affaires.

Heureusement, il y a lieu d’être plus optimistes avec la relève. Les jeunes âgés de quarante ans et moins qui prennent la direction des entreprises ont des valeurs différentes de la génération précédente et des valeurs différentes de celles qu’ont ou qu’avaient les entrepreneurs qui ont fondé leur propre entreprise. Les jeunes de la relève sont beaucoup moins possessifs que leurs ainés, ils sont plus facilement capables d’établir la différence entre eux et leur entreprise et de faire ce qu’il faut pour qu’elle optimise sa croissance. Le mode collaboratif est bien connu des plus jeunes, phénomène découlant de l’utilisation des médias sociaux qui favorise beaucoup l’ouverture et le partage des croyances, des pensées, des valeurs et des projets personnels. Les valeurs reliées à l’entraide, au travail en équipe, au partage des connaissances vont certes aider à rattraper le temps perdu et à ne plus avoir peur de créer et de développer des alliances stratégiques de toutes sortes, celles-ci étant des leviers indispensables pour rendre les entreprises plus performantes et mieux en mesure der relever les défis de la concurrence mondiale.


[1]Réjean Dancause est le président fondateur (en 1989) du Groupe Dancause et associés Inc, des consultants spécialisés en stratégies d’entreprise et en marketing industriel. Il est membre partenaire du Groupement depuis 1990.

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