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Une bonne gouvernance c’est aussi pour les PME

Un article tiré du journal les affaires, publié le 31-03-2014, www.lesaffaires.com

Une entrevue avec M. Réjean Dancause, président et directeur général du Groupe Dancause et Associés inc.

Gouvernance, conseil d’administration, administrateurs : ces mots sont habituellement associés à de grandes entreprises ou à des sociétés inscrites en Bourse. Pourtant, les PME et autres sociétés privées ont tout intérêt à adopter les pratiques de bonne gouvernance.

« La gouvernance, c’est un exercice qui demande de la rigueur », explique Réjean Dancause, président et directeur général du Groupe Dancause et Associés. Adopter de bonnes pratiques de gouvernance, c’est plus compliqué, mais ça oblige les chefs d’entreprises à travailler en équipe, à suivre des règles.

« Les entreprises qui veulent aller loin, se développer, grandir, aller à l’étranger, bâtir quelque chose de solide et créer de la valeur vont progresser davantage dans un cadre de gouvernance », poursuit M. Dancause.

Des avantages évidents pour les PME

Plus une entreprise grandit, plus elle a besoin de structures. La mise en place de bonnes pratiques de gouvernance permet de poser les bases pour la croissance future de l’entreprise.

Une PME profitera de la présence d’un conseil qui pose les questions qui doivent être posées et contribue à l’élaboration des stratégies de la PME.

S’il fallait résumer les avantages de la gouvernance, on obtiendrait cette liste :

• La PME peut compter sur les conseils de gens expérimentés, dont l’expertise complète celle des dirigeants ;

• La mise en place de systèmes de contrôles et de processus rend l’organisation plus efficace et la prépare à croître ou à affronter de nouveaux défis ou marchés ;

• La gouvernance apporte rigueur et organisation, notamment quand il s’agit de discuter des défis de l’entreprise et de ses plans, afin d’augmenter sa valeur et assurer sa pérennité ;

• Adhérer à de bonnes règles de gouvernance donne confiance aux prêteurs et investisseurs. Cela facilite aussi le recrutement de dirigeants solides et peut contribuer à donner confiance à l’acheteur au moment de la vente de la PME.

La gouvernance adaptée aux PME

Quand une société est cotée en bourse, les règles sont claires et dictent la composition du conseil, le degré d’indépendance requis, ainsi que son rôle et ses responsabilités.

Dans le cas des PME, il n’existe aucun manuel d’instruction. Une PME peut choisir de créer un conseil d’administration ou un comité consultatif, au rôle similaire, mais sans pouvoir décisionnel.

Cela dit, une PME a avantage à établir des règles similaires à ce qui se fait dans les sociétés cotées en bourse, ce qui comprend la création de comités pour la vérification et pour fixer la rémunération des hauts dirigeants.

Toutes les bonnes pratiques de gouvernance que doivent suivre les entreprises cotées en bourse s’appliquent aux PME.

Les grands principes à respecter

Ces pratiques découlent de grands principes qui assurent l’efficacité de la gouvernance :

• L’indépendance du conseil. Cette indépendance est assurée par la présence majoritaire au conseil d’administration d’administrateurs externes, qui n’ont aucun lien familial ni lien d’affaires et ne sont pas des fournisseurs de l’entreprise.

• L’indépendance du président. Pour un conseil fort et efficace, le président doit être indépendant de l’entreprise. Il ne faut donc pas que le PDG ou un actionnaire principal soit président du conseil.

• Un conseil diversifié. Il importe de trouver au conseil des membres de compétences et d’expériences variées qui sauront ainsi poser de bonnes questions à la direction et l’amener à mieux orienter ses décisions et gérer ses risques.

• Les administrateurs doivent y consacrer le temps requis. Siéger à un conseil est une responsabilité importante, qui requiert un certain degré d’engagement. Le président doit s’assurer de la participation des membres de son conseil. Il doit aussi s’assurer que les bonnes questions sont posées.

Il ne faut jamais sous-estimer l’importance de bonnes pratiques de gouvernance, d’autant plus que la responsabilité légale des administrateurs est essentiellement la même que s’il siégeait au conseil d’une société cotée en bourse.

Quand est-il temps d’instaurer la gouvernance dans une PME ?

Comme rien n’oblige les PME à créer un conseil d’administration et à mettre en place une gouvernance structurée, le moment où on la met en place dépend de la volonté de ses hauts dirigeants.

Parfois, l’arrivée de nouveaux investisseurs ou d’investisseurs institutionnels pousse l’entreprise à modifier ses pratiques. Mais le moment peut s’imposer tout simplement parce que le principal dirigeant est en contact avec la gouvernance et en comprend l’utilité.

Quant à sa mise en application, elle peut se faire progressivement. Une PME peut ainsi commencer par créer un comité aviseur ou consultatif, avant de créer un conseil et d’instaurer des règles plus formelles.

Dans tous les cas, il ne faut jamais négliger l’importance de bien former les administrateurs et les dirigeants de l’entreprise, afin qu’ils soient en mesure de fonctionner efficacement dans cette nouvelle structure.

Vous aimeriez faire prendre le virage de la gouvernance à votre PME ?

 

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