D’abord, une satisfaction personnelle
Avoir fondé une firme de consultants et célébrer cette année son vingtième anniversaire est l’une de mes deux
plus grandes satisfactions, l’autre étant d’avoir fondé une famille et de vivre depuis quarante ans avec la
même compagne.
Pourquoi est-ce si satisfaisant d’entreprendre et de faire un succès de cette initiative ?
Dans la vie, créer et faire progresser son oeuvre est sans aucun doute l’une des plus grandes satisfactions qu’il
soit donné à l’homme ou la femme de connaître. Créer une oeuvre littéraire, créer une oeuvre musicale, créer
une entreprise… est un privilège qui est donné, somme toute, à peu de personnes. Il faut en être conscient.
Créer une entreprise qui a, d’une façon implicite, le « devoir » de se développer et de croître, est une tâche
colossale qui exige une attention de tous les instants. De son succès dépend en grande partie le bonheur du
personnel qui y travaille, la satisfaction des clients qui utilisent ses produits et/ou services.
Le sentiment de “liberté” de l’entrepreneur
Créer et développer quelque chose sans se faire dire par quelqu’un d’autre quoi faire (à part respecter les lois de la gestion, les lois du capital, les lois qui régissent le fonctionnement en société, écouter les besoins du
marché et s’y adapter), est un besoin que les entrepreneur(e)s ressentent d’une façon beaucoup plus forte
que n’importe qui d’autre. Ce besoin est tellement grand, intense et “pressant” que l’entrepreneur(e) est
prêt(e) à travailler d’interminables heures, à prendre des risques financiers qui vont jusqu’à parfoismettre en péril le patrimoine familial. Pour arriver à ses fins, l’entrepreneur(e) est prêt(e) à risquer beaucoup. C’est
essentiellement, ce qui le ou la distingue du plus compétent ou du plus motivé de ses employé(e)s.
L’entrepreneur(e) est « attiré(e) » par le futur, aller de l’avant est dans sa nature profonde. Pour l’entrepreneur(e)-né(e), l’idée de travailler pour quelqu’un d’autre est inadmissible. Être le ou la chef, est sans aucun doute sa première préoccupation dans la vie, celle qui le ou la motive le plus, celle qui lui donne l’énergie nécessaire pour « construire », au jour le jour, son chef-d’oeuvre.
Le don de soi
Même si l’entrepreneur(e) a besoin de liberté, après avoir fondé son entreprise, paradoxalement, il ou elle
est au service de sa création et dans un certain sens, il ou elle perd cette liberté tant recherchée. La vie d’une entreprise quelle qu’elle soit est fragile et elle le sera toujours. Personne, ni aucune entreprise n’est à l’abri d’un imprévu qui peut mettre sa vie en péril : un concurrent qui “met le paquet” pour l’écraser, une technologie révolutionnaire qui rend rapidement périmée les produits de l’entreprise, quelques gros clients qui, en même temps, changent de fournisseurs parce qu’ils viennent d’être acquis par un nouveau
propriétaire qui leur impose un choix différent, etc. En fait, après sa fondation et son départ, l’entreprise
n’est plus libre de faire n’importe quoi, elle a l’obligation de respecter rigoureusement les lois du marché, les lois de la finance et toutes les autres lois et principes auxquels elle doit se conformer.
En réalité, l’entrepreneur ne part pas en affaires pour faire ce qu’il aime (fabriquer des armoires de cuisine, fabriquer des équipements pour les scieries, concevoir et développer des logiciels pour optimiser une opération manufacturière, fabriquer des gâteaux à faible teneur en calories, etc.), il part en affaires pour gérer des ressources (humaines, financières, technologiques, etc.), fixer des objectifs, établir des stratégies, fixer des échéanciers, mettre en oeuvre des plans d’action et s’assurer que les règles et les lois de la gestion sont respectées.
Très tôt, l’entrepreneur(e) se rend bien compte que son rêve ne se réalise pas de la façon dont il l’avait envisagé. Mais son besoin de créer et de faire la preuve que “ça va marcher” va faire en sorte qu’il (elle) va franchir toutes les embuches qui se présentent à lui/elle.
Bref, un(e) entrepreneur(e) est quelqu’un qui trouve des solutions à des problèmes. C’est un(e) visionnaire qui sait entraîner derrière lui ou elle son personnel vers la réalisation de la mission de l’entreprise. Cette mission étant de réussir à développer une entité, une organisation sans cesse performante et axée sur les besoins de ses clients, ces derniers étant la clé de voute de son « vrai » succès.

