L’INFORÉSEAU, 10 ANS DÉJÀ !![]()
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C’est en effet en avril 1995, qu’avec la collaboration de mon associé et ami, Jean-Yves Caron, que nous prenions l’initiative de nous adresser à nos clients, à nos contacts d’affaires et à nos référeurs, au moyen d’une lettre trimestrielle. Pour marquer le chemin que nous avons fait depuis cette époque, soulignons que la toute première édition a été transmise à quelque 250 personnes au moyen du télécopieur, Internet n’était pas encore pratique courante à cette époque. Aujourd’hui, plus de 2 500 personnes reçoivent l’Inforéseau, sans compter celles qui le récupèrent directement sur notre site www.dancause.net et celles à qui plusieurs de nos lecteurs le transmettent.
Merci de lire l’Inforéseau, la quarantième édition, et merci de nous faire vos commentaires, ils sont à chaque fois grandement appréciés.
IGNORANCE OU INCONSCIENCE ?
L’environnement externe des entreprises, surtout les manufacturières, est turbulent, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette turbulence a pris des proportions inquiétantes depuis que notre dollar a franchi la barre des 75 cents US et depuis que la Chine fait l’objet de nos conversations quotidiennes. Donc, depuis trois ou quatre ans, nous convenons que c’est plus difficile de faire des affaires et beaucoup plus difficile de faire des profits que ce ne l’était auparavant.
Malgré les évidences qui nous crèvent les yeux, nous rencontrons régulièrement des chefs d’entreprises, plus nombreux que vous seriez portés à le penser, qui n’ont rien changé à leurs habitudes, rien changé aux orientations de leurs entreprises, rien changé à leur façon de gérer. Plusieurs même ignorent que les changements que nous observons à tous les jours vont compromettre l’avenir de leur entreprise, voire même la mettre en péril. Pour plusieurs, la concurrence chinoise est un phénomène temporaire, les problèmes liés à la démographie ne les toucheront pas et le niveau du dollar canadien va se replacer à court terme, un économiste l’a dit ! Pour ces entreprises, l’obligation de faire des ajustements et des changements, parfois majeurs, pour s’ajuster aux demandes changeantes des clients, pour résister à des baisses de prix de l’ordre de 30 à 40 %, pour attirer et fidéliser des travailleurs spécialisés n’est pas urgente ou encore, pour un nombre surprenant de personnes, ce ne sont que des histoires, ça va passer.
C’est à se demander si les dirigeants de plusieurs PME sont inconscients ou tout simplement ignorants à l’endroit des vrais phénomènes qui les affectent actuellement ou qui les affecteront à court terme. Probablement qu’il y a du vrai dans les deux cas. Tout étant désormais très (trop) compliqué, plusieurs ne suivent plus. Pour ces entreprises, il est grand temps de passer le « pouvoir » à la relève, pour laquelle le nouveau contexte présente des défis qui sont à la hauteur de leurs ambitions. En fait, des milliers d’emplois, surtout en régions, sont en jeu. Que peut-on faire pour en sauver le plus grand nombre possible ?
Il ne faut pas manquer de dire que nos dirigeants gouvernementaux brouillent les cartes en disant à haute voix que les résultats de notre économie pour l’année 2004 ont été très bons, ce qui laisse entendre qu’il ne faut rien changer. On le sait, les politiciens ne sont pas forts pour parler des « vraies choses » et des efforts qu’il nous faudra tous faire pour apporter des changements majeurs à nos entreprises. On préfère plutôt attacher de l’importance à changer le nom d’un ministère, celui des entreprises, et pour créer un tout nouvel acronyme le (MIEI), alors que nous commencions tout juste à nous familiariser avec le « pas très esthétique » MDERR.
Il faudra que nos efforts convergent pour aider les entreprises à relever leur niveau de conscience et à mettre en branle les exercices de réflexion préalables à l’ajustement à apporter aux stratégies qui continueront d’en faire des gagnants, tant sur les marchés nationaux qu’internationaux. Tout repli sur soi-même mène, à coup sûr, à l’échec. La mondialisation de l’économie oblige nos chefs d’entreprise à redevenir des entrepreneurs et des créateurs de richesses, tant pour eux que pour la société en général.
PRIX ÉLEVÉS, DOLLAR CANADIEN FORT
Tout ce qui monte doit redescendre, comme le dit l’adage. Il ne faut toutefois pas prendre à la lettre un tel énoncé, lorsqu’il s’agit des prix du pétrole. On parle de plus en plus de la possibilité que l’or noir atteigne, au cours de la prochaine année, les 70 dollars US le baril, ce qui aura une incidence à plusieurs points de vue. Les coûts de transport et des billets d’avion vont augmenter et une partie importante du pouvoir d’achat des consommateurs ne sera plus disponible pour acheter des biens courants. Tous ces éléments sont des facteurs qui risquent de faire une pression à la hausse sur l’inflation. On dit d’ailleurs que les facteurs, qui faisaient que l’inflation qui se maintenait jusqu’à maintenant à des niveaux acceptables, sont en train de changer de direction.
Les causes qui font que le prix du pétrole est à la hausse et qu’ils vont encore augmenter sont de deux ordres : en Amérique du Nord, surtout en raison de la taille de plus en plus grande des véhicules, la demande est en forte croissance, de même qu’en Chine et en Inde, où la croissance économique très élevée crée une pression sur les prix mondiaux. L’Inde importe 70 % de son pétrole et la Chine environ 40 % de sa consommation. En fait, la demande mondiale se situe présentement autour de 84 M de barils par jour, alors qu’elle n’était que de 76 M de barils par jour en 2003. Les experts estiment qu’elle atteindra les 87 M de barils à la fin de 2005. Selon un commentaire publié dans le journal Les Affaires, il faut trouver chaque année au moins 31 milliards de nouveaux barils de pétrole pour remplacer la production (la consommation) actuelle.
Il n’y a pas que le pétrole qui est cher. Le prix de plusieurs matières premières l’est aussi. Ainsi, le prix du cuivre est à un sommet historique (1,59 cents US la livre) et le prix du minerai de fer, en raison de la forte demande pour l’acier, a récemment fait un bond de 73 % par rapport à l’année dernière. Ceci est une bonne nouvelle pour nos exploitations minières de la Côte Nord du Québec, mais elle laisse présager que les prix de l’acier continueront d’être très élevés pendant un bon moment encore. Qui dit prix de l’acier élevé, dit aussi augmentation des coûts dans la construction institutionnelle, industrielle et commerciale, prix plus élevé également pour la fabrication des automobiles et des camions (et des remorques), pour certains matériaux de construction, pour des équipements de production et pour bien d’autres produits encore.
Pendant ce temps, notre dollar résiste à toutes tendances à la baisse, ce qui fait dire à Clément Gignac, un expert en la matière dont les prévisions sont plus souvent qu’autrement justes, qu’il atteindra les 90 cents US dans 5 ans. Est-ce qu’il dit « 5 ans » pour ne pas apeurer les dirigeants d’entreprises qui ne sont pas encore psychologiquement prêts à recevoir une telle mauvaise nouvelle, ou s’il prévoit que le dollar va « flirter », d’ici là, avec les 87 ou 88 cents.
Comme dit le dicton anglophone « this is food for thought » pour les planifications stratégiques que les entreprises mettront en branle au cours des prochaines semaines ou au cours des prochains mois.
SAVIEZ-VOUS QUE …
• Les deux tiers des membres de la Chambre des représentants aux États-Unis n’ont pas de passeports. Pas surprenant que l’ouverture de ce pays sur ce qui se passe dans le monde soit ce qu’elle est !
• L’Allemagne est le pays qui exporte le plus de biens manufacturés au monde, pour une valeur de plus de 1 000 milliards de dollars américains en 2004, pourtant le taux de chômage est au niveau de 5 %.
• Les relations d’amitié entre l’Iran et la Chine, qui se sont récemment concrétisées par la signature d’un accord visant à faire passer un pipeline entre ces deux pays semblent, selon Business Week, inquiéter les États-Unis, d’autant plus que l’Iran est à construire un autre pipeline qui traversera le Pakistan et qui transportera son pétrole jusqu’en Inde. Le pétrole, les pétrodollars et l’ascendant que les États-Unis ont, ou veulent avoir, sur les pays asiatiques ne peuvent pas nous laisser complètement indifférents.
NOTES DE LECTURE
• Comme c’est son habitude, Alain Minc parle des vraies choses. Il continue de le faire dans son essai « Ce monde qui vient », publié chez Grasset à la fin 2004 et dont le thème principal est « à quoi ressemblera ce monde qui vient ».
• Un livre qui fait parler et qui mérite qu’on lui consacre plusieurs heures, est celui de Jeremy Rifkin (surtout connu par son réputé « La fin du travail ») intitulé « The European Dream » publié chez Tarcher Penguin, dans lequel il explique comment l’Union européenne est mieux préparée pour faire face à l’avenir que ne le sont présentement les États-Unis. Rifkin est un américain qui nous décrit en profondeur les vraies différences qui caractérisent les deux continents de l’Occident qui auront à faire face, à court et à moyen terme, aux défis que leur propose le continent asiatique.
Au nom de toute l’équipe, nous vous souhaitons que le retour de la lumière et de l’énergie printanière vous aide à réaliser les plus ambitieux de vos projets.
François Béland, Jean-Yves Caron, Claude Dubois, Louis Fortier, Michel Giraud, Benoît Lamarche, Rémi Ducharme, Céline Tremblay, Sarah Pelletier et Réjean Dancause.
Réjean Dancause, Adm.A., FCMC
Conseiller en stratégies d’entreprise

