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19 mai 2017 Philippe Dancause

Le défi de prendre de la distance pour voir venir le nouveau (Dans la vie comme en affaires!)

Prendre de la distance…  voir la forêt et non l’arbre. Tout le monde comprend, tout le monde accepte que c’est une nécessité. Tout le monde comprend, mais en fait, peu prennent vraiment le temps de « se sortir » de leurs modèles mentaux et des stratégies en place pour voir s’ils sont toujours adaptés.  Pourquoi?

Quelques réponses que vous ne voudrez pas entendre :

  • Nos modèles mentaux génèrent de la sécurité. Suffit de voir quelques signaux connus pour confirmer qu’ils sont toujours valables…  En fait, notre cerveau (et notre ego!) va tout faire pour appuyer ces modèles avant d’accepter qu’ils ne soient plus adaptés. Idéalement, on souhaite tous s’en rendre compte avant qu’il ne soit trop tard…
  • On passe tellement de temps à dire et redire que nos stratégies sont bonnes… qu’on finit par y croire.  Ce n’est pas une faiblesse, c’est un simple mécanisme psychologique. Suffit de s’en servir positivement et de savoir quand provoquer des questionnements qui « nous sortent la tête de l’eau »
  • On met tellement d’énergie à s’organiser et à améliorer notre organisation… qu’on est peu ouvert à ce qui nous dit que tout ça doit changer…
  • Le quotidien nous impose d’avancer rapidement...  En travaillant à l’intérieur de nos modèles-stratégies-processus, on gagne en vitesse et on arrive à livrer…  On ne réussit toutefois pas à créer de moments pour se regarder aller (se voir d’en haut et voir qu’on va très rapidement dans la mauvaise direction(ou la bonne!)).

C’est un peu difficile à accepter, mais ce qu’on appelle de la détermination est à la fois une force ET à la fois une faiblesse….

Comment s’en sortir donc?

Les meilleurs dirigeants que j’ai vus ont compris un terrible secret que je résume ici en 4 points :

  1. C’est justement parce qu’on croit fort en notre stratégie et en notre vision qu’il faut se sortir la tête de l’eau périodiquement pour aller à la recherche du nouveau. Explorer, regarder ET suspendre son jugement (ce qui nous dit que tout ce qu’on voit de nouveau n’est pas important, car pas en ligne avec notre vision!)
  2. Il est extrêmement difficile de voir ses propres modèles mentaux… De la même façon qu’un psychologue ne peut se traiter lui même, les dirigeants efficaces que je connais savent s’entourer de personnes qui peuvent les remettre en question. Des fois c’est un consultant qui ose dire ce qui doit être dit (pas un pleaser!), d’autres fois c’est un interne qui a du recule..
  3. Voir venir le nouveau et se remettre en question, ça se fait en groupe. Si le dirigeant est le seul à évoluer, il sera pratiquement impossible d’amener le reste de l’équipe au bon niveau. Voir venir le nouveau, c’est un processus, pas une réponse. On ne peut donc pas avancer seul !
  4. Ça prend un processus structuré pour pouvoir à la fois renforcer la mise en place de la vison ET se donner des moments où on se remet en question. Sans des étapes et des moments organisés, oubliez ça.  On pense qu’on le fait, mais ce n’est pas le cas…  un se retrouve plutôt avec ou bien un plan qui n’est pas clair, ou un plan trop rigide qui est myope..

En résumé, la job d’un dirigeant, c’est de créer un processus de remise en question structuré!  Pas d’être une poule sans tête ou, au contraire, un disciple des plans hyperstructurés qui n’en finissent plus…

P.S. Lors de votre prochaine planification stratégique, demandez-vous si votre processus contient réellement ces ingrédients!  Plus facile à dire qu’à faire.

P.P.S. j’imagine que vous avez déjà vu ce dessin ?

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