LA MONDIALISATION : ON S’Y ADAPTE TRANQUILLEMENT !![]()
Au cours de la dernière année, les entreprises ont appris à vivre avec un dollar canadien dont la valeur varie entre 75 et 77 cents américains. Les ventes à l’exportation dans l’ensemble du Canada sont à la hausse par rapport à l’année dernière et les marges bénéficiaires des entreprises exportatrices se sont redressées. Plusieurs d’entre elles ont
profité de la force de notre dollar pour remplacer leurs équipements de production ou pour en ajouter à ceux qu’ils possèdent déjà, leur coût d’acquisition à l’importation étant maintenant plus abordable. Il devrait normalement en découler une amélioration de la productivité, ce qui devrait les rendre plus compétitives et plus performantes sur leurs marchés à l’exportation. Leur profitabilité devrait aussi s’en trouver améliorée.
Graduellement, on apprend à faire des affaires avec la Chine. Le partage entre les importations de produits fabriqués en Chine et la fabrication dans les usines du Québec est en train de s’établir pour développer un nouvel équilibre entre les deux. Pour certaines entreprises, cette «conversion» est presque complétée alors que pour d’autres peu de choses ont été faites. Si l’un ou plusieurs des concurrents ont déjà entrepris ce virage, il est urgent de se mettre à la tâche. D’ici peu, il sera trop tard.
Nous constatons aussi que les entreprises qui se sont adaptées aux changements imposés par le phénomène de la mondialisation ne gèrent plus comme elles le faisaient autrefois. Elles sont désormais beaucoup plus préoccupées par les changements qui surviennent au niveau des besoins de leurs clients, portent une attention particulière à la flexibilité de leur main-d’oeuvre et de leurs systèmes de gestion et exigent que leurs systèmes d’information de gestion soient plus performants. De même, elles cherchent à faire des acquisitions de concurrents ou d’entreprises complémentaires pour se donner une taille qui leur permettra par la suite d’être plus efficaces et mieux en mesure de répondre aux besoins des nouveaux marchés qu’elles développent. Bref, ces entreprises basculent dans la catégorie des entreprises de classe mondiale pour lesquelles la mondialisation de l’économie est de moins en moins un mystère et pour lesquelles la croissance passe par l’accès à des marchés qui leur étaient autrefois inaccessibles, parce qu’elles étaient trop petites ou pas assez fiables pour répondre aux attentes des clients de grande taille.
LE DOMAINE DU TRANSPORT EST EN PLEINE MUTATION
Commencés depuis plusieurs années, les changements qui affectent le domaine du transport routier prennent actuellement de nouvelles proportions. On observe un fort mouvement de rationalisation, entre autres, par le biais des acquisitions. Certaines entreprises cherchent à se donner une taille qui leur permettra d’accéder aux ligues majeures. Les entreprises de transport auront dans un avenir très prochain à faire face à des défis très importants que seules les entreprises d’une certaine taille et celles qui adoptent une gestion de classe mondiale pourront relever.
Parmi les changements à prévoir, soulignons : l’augmentation des coûts de l’essence, des coûts d’assurances et d’utilisation des infrastructures routières, la rareté de la main d’oeuvre compétente, l’utilisation de technologies de plus en plus complexes et de nouvelles réglementations gouvernementales et des contrôles de sécurité qui seront de plus en plus contraignants. Par dessus tout, les entreprises oeuvrant dans ce secteur auront des clients qui seront de plus en plus exigeants et pour lesquels les livraisons en juste à temps demeureront un enjeu très important.
OÙ SE DIRIGE LE DOMAINE DE LA CONSTRUCTION ?
Les entrepreneurs en construction ainsi que les fabricants et les distributeurs de matériaux de construction ont retrouvé l’euphorie des belles années. Il se pourrait cependant que dès l’an prochain la tendance change. Il ne faut pas oublier que le facteur principal qui détermine les besoins de nouveaux logements est la démographie. Au Québec, la croissance démographique, on le sait, est en régression. En fait, la croissance n’est que d’environ 50 000 personnes par année. La migration (i.e. les gens qui arrivent au Québec moins ceux qui partent) compte pour 35 000 personnes et l’accroissement naturel (les naissances moins les mortalités) n’est que de 16 000 personnes par année. Ces nouvelles personnes forment ce qu’on appelle «les ménages» composés en moyenne de 2,2 personnes. Ainsi, la demande pour de nouveaux logements pour loger les nouveaux ménages n’est que 23 000 unités.
A cette demande de base, il faut ajouter celle pour les résidences secondaires, l’achat de logements par des étrangers non résidents au Canada et la constitution d’un stock de réserve, le taux d’inoccupation étant actuellement très bas, il faut le reconstituer.
L’ensemble de ces éléments pourrait compter pour 10 000 à 12 000 unités par année, ce qui nous amène à dire que la demande va revenir à des niveaux avoisinant les 30 000 unités de logements par année, alors qu’elle se situe à plus de 50 000 pour l’année en cours.
LES NANOTECHNOLOGIES SONT À NOS PORTES
Dans cette chronique, on a souvent parlé des nanotechnologies, sciences de l’infiniment petit qui permettent de travailler au niveau des atomes à l’intérieur des molécules. Selon des experts en développement industriel, certains domaines devront faire face à des changements majeurs (qui marqueront une rupture importante) à cause de l’arrivée des nanotechnologies au niveau de la production de biens de toute sorte : produits électroniques, les télécommunications, les emballages, les matériaux plastiques, les vêtements, les produits pharmaceutiques, l’acier, le papier et bien d’autres… Si vous êtes curieux d’en connaître davantage sur la portée de ces avancées technologiques, nous vous suggérons de consulter l’excellente lettre bimensuelle à l’adresse suivante :
www.nanotech-now.com.
SAVIEZ-VOUS QUE…
• La Grèce, un pays de 11 M d’habitants, contrôle 20 % du transport maritime mondial. Ce pays se spécialise dans le transport des produits pétroliers et des produits en vrac.
• Les États-Unis consomment 20 M de barils de pétrole par jour, dont 11 viennent du Moyen-Orient.
• La Chine a dépassé les États-Unis comme premier consommateur de cuivre au monde avec 3,08 M tonnes par année, soit 19,7 % de la production mondiale.
• La Chine est devenue un importateur net de produits alimentaires. Les développements industriels et urbains, entre 1996 et 2003, ont fait disparaître 6,7 M d’hectares de terres arables sur les 130 M que le pays comptait au début de cette période.
• Avec les États-Unis, l’Allemagne et la Suisse, le Canada est l’un des quatre seuls pays dont les dépenses en santé dépassent 10 % de son PIB et «nous ne sommes pas en meilleure santé que ceux qui dépensent moins» selon l’article de Joseph Facal, publié dans Les Affaires du 21 août 2004.
•En 2004, la production mondiale d’aluminium est de 13,4 M de tonnes, dont près de la moitié provient de la Chine.
• Selon le Journal Les Affaires du 31 juillet dernier, 72 % des souliers et des bottes portés par les Canadiens et les Canadiennes sont importés de Chine et seulement 4 % sont produits au Canada.
NOTES DE LECTURE
• Pour ceux et celles que le réchauffement de la planète inquiètent - nous espérons que vous êtes très nombreux à vous en inquiéter -, vous devez prendre connaissance de l’excellent article sur le sujet dans le numéro de septembre du National Geographic Magazine. On consacre 74 pages à ce sujet, les faits et analyses qui y sont rassemblés ont de quoi nous inquiéter. Notez que « prendre les moyens de s’attaquer à ce problème nuirait à l’économie » selon le président Bush !
• La lutte au terrorisme est l’un des sujets de l’heure. L’auteur à succès Jean-Jacques Pelletier en traite d’une façon romancée, mais combien réaliste, dans son dernier bouquin intitulé « Le bien des autres », publié chez Alire.
LE GROUPE DANCAUSE A 15 ANS
• C’est en septembre 1989 que le Groupe a vu le jour. Depuis ce temps, nous avons réalisé des interventions dans environ 200 organisations dans les domaines les plus divers de l’économie.
• Au fil des années, nous avons concentré notre spécialisation dans le domaine des stratégies d’entreprise et plus particulièrement en planification stratégique et en marketing stratégique. L’adaptation des entreprises aux exigences de leur environnement externe fait donc l’objet de nos préoccupations premières.
SÉMINAIRES ET CONFÉRENCES
• Au cours des quatre prochains mois, notre programme de conférences et de séminaires compte environ une quinzaine d’activités dont plusieurs sont des séminaires en planification stratégique ou en marketing stratégique pour le compte du MDER. La liste de ces activités est présentée sur notre site au www.dancause.net/seminaires.html.
Après un été plutôt « timide », nous pouvons vous souhaiter un automne des plus colorés, de la part de toute l’équipe : François Béland, Jean-Yves Caron, Stéphane Diebold, Claude Dubois, Louis Fortier, Michel Giraud, Benoit Lamarche, Hélène Philion, Éric Tanguay, Christine Bichon et Réjean Dancause.
Réjean Dancause, Adm.A., fcmc

