Info Réseau, 15 ans déjà
Le premier numéro de l’Info Réseau a été publié en mars 1984 et ensuite expédié par fax à environ 230 destinataires. Celui-ci est maintenant envoyé à 2 500 personnes, sans compter celles qui le reçoivent par l’intermédiaire de relayeurs qui l’envoient à leur tour à leurs clients ou aux membres de leurs réseaux de contacts. Publié trimestriellement depuis sa première sortie, le présent numéro est donc le cinquante septième de la série, sans compter le numéro spécial que nous publions à chaque début d’année.
Le très grand nombre de personnes qui me disent aimer lire l’Info Réseau constitue ma motivation principale pour continuer, trimestre après trimestre, à consacrer quelques heures à sa rédaction et à rassembler, presque à tous les jours, les informations sur les sujets à traiter dans les numéros à venir.
La récession : va-t-on s’en sortir?
Bien sûr, nous allons nous en sortir, même si cette récession n’est pas de la même nature que les précédentes. Cela se fera plus lentement et probablement pas de la même façon. Chaque entreprise devra avoir sa propre formule. Certaines en profiteront pour diversifier la destination de leurs exportations, d’autres remettront en question leurs façons de produire et de faire leur commercialisation, d’autres découvriront des approches plus efficaces pour développer des nouveaux produits, certaines rationaliseront leurs activités et en profiteront pour recentrer leurs efforts sur leur coeur de métier. Comme nous l’avons souvent dit dans les numéros précédents de l’InfoRéseau, cette récession économique est le résultat d’une très grave crise financière. Il ne suffit donc plus de relancer la demande, il faut d’abord « réparer » le système financier dans son ensemble, incluant les banques et les « créateurs » des produits financiers virtuels. Disons-le, les États-Unis ont contaminé la planète avec des produits financiers dits « toxiques ». Selon, Claude Chiasson du journal Le Devoir, il y en aurait pour 500 000 milliards de dollars éparpillés un peu partout dans le monde. Cela correspond à environ 10 fois le PIB mondial, et ces produits financiers sont libellés en dollars américains. Tant qu’on n’aura pas trouvé une vraie solution à ce grave problème, le système bancaire américain (surtout) aura du mal à revenir à la normale. Comme le disait Jean-Daniel dans un récent éditorial du Nouvel Observateur, « le capitalisme a ainsi cessé d’être économique pour devenir avant tout financier, et il a donc perdu sa fameuse capacité d’autorégulation ». Pour ne pas crouler devant le déluge d’informations alarmantes sur l’économie et l’intensité de la crise, il appartient à chacune des entreprises de trouver sa propre vérité et de se concentrer sur son propre plan de développement. Comme nous l’avons dit et écrit à plusieurs occasions, il faut se concentrer sur les trois priorités suivantes : s’assurer que le fonds de roulement de votre entreprise demeure en bon état, (re)prendre le contrôle des ventes en établissant les priorités sur lesquelles les représentants doivent travailler et enfin, prendre le temps de faire ce que vous n’avez pas eu le temps de faire au cours des deux dernières années, par exemple, la formation de votre personnel clé, la réalisation de vos projets de R&D laissés de côté ou non complétés, voyager à l’étranger pour y découvrir des idées nouvelles, remplacer les membres les plus faibles de votre équipe de direction, etc. Dans cet ordre d’idées, remettre à jour votre plan stratégique d’entreprise est sans aucun doute une priorité… si ce n’est déjà fait.
Les États-Unis : un pays très malade
On le savait, depuis plusieurs années les états-uniens vivaient au-dessus de leurs moyens. En fait, le niveau des dépenses des consommateurs était en pratique déterminé par leur capacité à s’endetter en fonction de la hausse de la valeur de leurs maisons, de la valeur de leur portefeuille d’actions en bourse et par le crédit qui leur était offert par les sociétés émettrices de cartes de crédit. Cette fuite en avant a fait que le taux d’épargne des états-uniens est, depuis quelques années, négatif.
Du côté gouvernemental, les déficits budgétaires causés par les coûts astronomiques des deux guerres auxquelles participe le pays, et les baisses d’impôts offertes aux contribuables par les républicains dépassent maintenant les 1 750 milliards de dollars pour l’année en cours, ce qui représente 12,3% du PIB du pays. Si la tendance aux déficits se maintient, certains économistes prévoient qu’en 2020, ils atteindront 100% du PIB ! En fait, les dépenses prévues pour l’année en cours sont de 41,5% supérieures à celles de l’année dernière. Il n’y a qu’unmoyen pour s’en sortir : imprimer de l’argent, ce qui va provoquer une très forte hausse de l’inflation et ainsi créer d’autres problèmes importants tels qu’une hausse fulgurante des taux d’intérêts comme nous en avons connu une à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Sur le plan humain, pour illustrer l’ampleur du problème, en janvier dernier, 32 millions d’états-uniens (10,5% de la population totale) ont réclamé des « food stamps » (bons donnés par le gouvernement fédéral et par les états aux personnes dans le besoin pour acheter de la nourriture et des produits essentiels)
La Chine en faveur d’une nouvelle monnaie
Le gouvernement américain vit au crochet de la Chine, c’est bien connu. Les chinois financent les déficits du gouvernement américain à la hauteur de 2 000 milliards de dollars américains. En imprimant des dollars au rythme où la Federal Reserve Bank des États-Unis le fait depuis quelques mois, le pays se dirige vers une inflation d’une ampleur encore difficile à évaluer. Il apparaît d’ores et déjà évident que le dollar américain va perdre de sa valeur et par conséquent, la valeur de l’investissement chinois dans les bons du trésor du gouvernement de Washington risque aussi d’être en très forte baisse. Nous l’avons entendu lors de la tenue du dernier sommet du Groupe des 20 tenu à Londres récemment, le gouvernement chinois demande aux différentes grandes puissances économiques de créer une nouvelle monnaie internationale afin de se libérer du poids de plus en plus lourd du dollar américain, devise utilisée comme principale monnaie d’échange partout à travers le monde (pensons, entre autres, aux transactions sur le pétrole). Pour le moment, il ne semble pas que cette demande fasse ouvertement l’objet d’une réponse positive. Cela constituerait une très grande menace pour le dollar américain en lui faisant perdre une grande partie de sa valeur et entrainerait automatiquement une forte poussée inflationniste des prix à la consommation (ex : hausse des prix des produits importés dont le pétrole). Le gouvernement chinois vient de nous donner un premier aperçu de ce qui va se passer si les grands acteurs gouvernementaux ne répondent pas à leur demande. En effet, depuis quelques semaines, le gouvernement chinois fait des prêts en yuans (la monnaie chinoise) à certains pays (l’Argentine par exemple) et leur demande de payer leurs importations de produits chinois en yuans. Selon les experts, le montant de ces prêts serait présentement l’équivalent de 150 milliards de dollars américains. En voulant imposer le yuan comme nouvelle monnaie internationale, on assistera à un affaiblissement graduel de l’importance du dollar américain sur les marchés mondiaux et à une chute graduelle de sa valeur. Ceci va faire en sorte que la dette des américains à l’endroit des étrangers (qui est colossale) deviendra de plus en plus lourde… comme c’était le cas au Canada, il y a quelques années, lorsque notre dollar ne valait plus que 63 ou 65 cents américains. A l’échelle de la dette américaine, il s’agit de montants hors de notre entendement… ou presque !
Un système poussé à la limite
Thomas L. Friedman, un des très influents éditorialistes du NY Times a récemment résumé la situation économique actuelle en ces mots (notre traduction) : « Le vieux système qui a atteint ses limites financières et environnementales fonctionnait de la façon suivante : nous avons construit de plus en plus de magasins en Amérique pour vendre de plus en plus de produits qui étaient de plus en plus fabriqués en Chine dans des usines qui utilisaient le charbon comme source d’énergie et qui faisaient de plus en plus de profits qui étaient ensuite investis dans les bons du trésor du gouvernement américain qui prêtait à son tour cet argent à des bas taux d’intérêt pour construire de nouveaux magasins et des maisons à partir de produits fabriqués en Chine… » Et qui va payer pour tout cela ? Actuellement, ce sont les gouvernements qui paient, mais en réalité ce seront les contribuables, les salariés, les épargnants qui vont payer. Les montants sont astronomiques : 790 milliards de dollars aux E.U., 600G$ en Chine, 38G$ en Grande-Bretagne, 102G$ en Allemagne, 32G$ en France et quelques milliards au Canada…sans compter la somme de billets qu’impriment les banques centrales ! Signe encourageant, le taux d’épargne des américains qui était de 0% en 2007 a été de 5% en janvier 2009. En un seul mois, cela représente 550 milliards de dollars. A un tel rythme, il sera de 6 600G$ à la fin de l’année. Quand ils s’y mettent, les américains peuvent tout de même « fixer » les choses assez rapidement !
Notes de lecture
Pour bien comprendre l’ampleur de la crise financière mondiale dans laquelle nous vivons actuellement, un petit bouquin, de moins de 200 pages, de Jacques Attali et facile à lire, La crise, et après ?, édité chez Fayard
Jean-Claude Guillebaud, Le commencement d’un monde, édité au Seuil, nous présente une très belle réflexion sur la fin de l’hégémonie occidentale.
Aussi intéressant et du même auteur, La refondation du monde, chez Points.
Le dernier livre d’Alain Minc (on aime ou on n’aime pas Minc !), Dix jours qui ébranleront le monde, chez Grasset présente au moins cinq scénarios qui font frémir !
Bernard Poulet, dans La fin des journaux et l’avenir de l’information, chez Gallimard nous explique clairement comment l’Internet et la révolution du numérique est en train de changer en profondeur le monde de la publicité et par conséquent le monde de l’information.
D’une beauté exceptionnelle, le premier roman d’une auteure québécoise, Dominique Fortier, publié chez Alto, Du bon usage des étoiles nous entraîne dans les aventures de Sir John Franklin à la conquête mythique du passage du grand nord.
Groupe Dancause en France
Nous avons décidé de donner du tonus à nos activités des deux côtés de l’Atlantique en regroupant nos activités internationales au sein d’une filiale dont l’objectif principal est d’aider les entreprises québécoises à s’établir en Europe et les entreprises françaises à s’établir au Canada. Elle a désormais à sa tête un directeur à plein temps en la personne de monsieur Jean-Philippe Lafont qui s’est récemment joint à notre Groupe. Jean-Philippe a travaillé quelques années pour une importante banque française et dans l’enseignement universitaire avant de lancer sa propre entreprise dans le négoce et la distribution alimentaire en France. Son expérience d’entrepreneur (12 ans) et ses connaissances (et contacts) dans les réseaux de distribution en France sont des atouts que nous sommes désormais en mesure d’offrir aux entreprises québécoises désireuses d’explorer les marchés français et/ou de se faire accompagner dans leurs démarches d’implantation ou d’acquisition d’entreprises. Jean-Philippe vient régulièrement au Québec, de sorte qu’il est facile de prendre rendez-vous avec lui et de discuter de vos projets sur la France et sur l’Europe en général.
Formations pour vous aider à développer vos ventes
Dans la plupart des régions du Québec, en collaboration avec des organismes du milieu, nous offrons deux formations qui suscitent une très haute satisfaction de la part des entreprises qui y participent :
Préparez votre premier plan de commercialisation :
6 demi-journées + un coaching de 20 ou 25 heures par entreprise. Au terme de cette formation, vos vendeurs travailleront sur les clients et les prospects choisis par la direction de l’entreprise, vos stratégies de ciblage et de positionnement par rapport à vos concurrents seront claires et prêtes à être mises en oeuvre ; bref, vos activités de commercialisation généreront dorénavant de bien meilleurs résultats. Pour information, contactez Philippe Jolin au 418-681-0268.
Dotez vous d’un plan de prospection efficace.
C’est présentement le temps, dans le contexte économique actuel, d’accentuer et de systématiser vos activités de prospection ici et à l’étranger. Par expérience, nous savons que la prospection n’est pas nécessairement l’activité préférée de vos vendeurs. Il faut donc les aider et les former à apprendre à mieux réussir dans leurs efforts de prospection. Plus les résultats seront positifs, plus ils y prendront goût. Nous vous offrons donc une formation, en petits groupes ou en entreprise, de quatre sessions de quatre heures et un coaching individuel de 8 heures. Nous avons reçu plusieurs commentaires positifs de participants nous soulignant l’aspect pratique de cette formation. Pour information contactez Rodolphe Meynier au 418-681-0268.
Notez que ces formations sont admissibles aux programmes de Emploi Québec et du MDEIE.
Saviez-vous que…
Le président des Maldives, une île de 370 000 habitants qui sera éventuellement submergée par la hausse du niveau de l’Océan Pacifique, est à la recherche d’une île à vendre où déménager ses habitants afin de conserver leur culture, leurs habitudes et leurs liens familiaux. Sous entendu…une île où il fait chaud ! Donc pas possible de les déplacer sur une île de l’Arctique où le Canada veut étendre sa souveraineté territoriale.
A l’Université Harvard, le tiers des économistes sont d’origine européenne.
L’économiste de EDC, Peter G. Hall soulignait dans l’une de ses lettres hebdomadaires récentes, que la démographie canadienne suit celle du Japon avec un décalage de 15 ans. Nous savons que le Japon connaît depuis une quinzaine d’années une baisse relativement importante de sa population globale. Contrairement au Japon, pays reconnu comme étant réfractaire à l’immigration, le Canada mise sur cette dernière pour combler ses besoins en main d’oeuvre spécialisée. Il apparaît désormais que le Canada est en concurrence avec plusieurs autres pays qui sont aussi à la recherche d’une main d’oeuvre qualifiée.
Dans 15 ans, la population de la planète atteindra 8 milliards de personnes, soit 1,3 milliard de plus qu’aujourd’hui. La classe dite « moyenne » passera de 440 millions de personnes à 1,2 milliard (16,5% vs 7,6% aujourd’hui). La plupart de ces nouveaux consommateurs qui auront un pouvoir d’achat de plus en plus important vivront principalement en Chine, en Inde, au Brésil et Russie.
Des spécialistes bretons ont mis au point des technologies qui permettent dorénavant d’ériger des éoliennes en mer à des distances suffisantes pour ne plus entendre le bruit des palles. On dit même que ces éoliennes à deux palles ont un rendement supérieur de 30%à celles utilisées sur terre.
Le Canada possède 8% des réserves mondiales d’eau douce et le Québec 3%. Au cours des prochaines décennies, l’eau douce sera l’un des enjeux majeurs dans le monde. Il serait sans doute temps de se doter d’une politique d’exploitation de cette ressource renouvelable susceptible de générer des revenus pour combler les fortes diminutions d’entrées fiscales qui seront causées par le vieillissement de la population du Québec et par le ralentissement de notre croissance économique dû à la décroissance démographique déjà prévue pour les prochaines décennies.
Indices à suivre de près pour détecter des signes de reprise
Croissance de la demande pour la construction neuve aux E.U.
La hausse des prix des matières premières telles que le pétrole, le cuivre, l’aluminium.
Le niveau des profits des grandes banques américaines.
Les indices de confiance des dirigeants d’entreprises aux E.U. et en Europe.
Nous vous souhaitons un beau printemps et de beaux projets pour l’été qui ne saurait tarder à montrer ses premiers signes.
Réjean Dancause, Philippe Dancause, Jean-Yves Caron, Philippe Jolin, Rodolphe Meynier, Michel Giraud, Jean-Philippe Lafont, Jean Saint-Pierre, Marie-Claude Michaud, Chantal Demers, Sandra Muratagic, Rémi Ducharme, Anne-Marie Sikora, Simon Dancause, Éric Berthelot, Jean-Sébastien Bouchard

